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Service juridique : une valeur ajoutée pour l’activité du cabinet comptable (2/2)

Proposer des missions de droit, des sociétés notamment, apporte un revenu additionnel et contribue à fidéliser la clientèle. Voici notre second volet sur le recrutement des juristes et la mise en place du service.

service juridiqueCréer un service juridique, oui, mais avec quel profil de collaborateurs et quels arguments de recrutement ? Ce n’est un secret pour personne, les cabinets d’expertise comptable peinent à attirer les jeunes diplômés du chiffre, quant à ceux du droit…Pour Emmanuel Delaubert, expert-comptable associé du cabinet normand Lecoeur, Leduc & Associés (groupement Audecia), un premier recrutement a tourné court. Le service juridique a véritablement pris son essor avec l’arrivée d’un profil particulier : "Nous travaillions avec un notaire, que nous avons recruté en connaissance de cause, sachant que nous avions de bonnes relations et que nous pourrions oeuvrer efficacement au développement du service juridique". Le point-clé a donc été, dans ce cas, la mise en place d’un service de A à Z, avec une large autonomie pour l’ancien notaire qui a, depuis, acquis le statut d’associé du cabinet.

Fiscalistes

Autre exemple, celui de Christophe Planckaert, responsable d’un service juridique de 5 personnes au cabinet CTN France près de Lille (France Défi). Ce titulaire d’un master de fiscalité a travaillé dans une étude notariale avant de rejoindre ce cabinet comptable. "Mon père était expert-comptable, j’ai donc été élevé au chiffre, sourit M.Planckaert. J’ai rejoint le cabinet par goût du challenge, puisqu’il s’agissait de créer un service ex-nihilo, avec la confiance et l’appui de la direction". Même enthousiasme chez Gérald Colas, titulaire d’un DESS de juriste d’entreprise option fiscalité à l’université Lille II, qui a, lui, été recruté par le cabinet Cofagest à Oullins près de Lyon (réseau Cabex). "Je suis arrivé en tant que stagiaire pour faire de l’audit juridique, et le service s’est développé petit à petit. Je dirige aujourd’hui trois personnes, relate M.Colas. L’intérêt du cabinet, c’est d’avoir une vraie proximité avec les clients. Nous les connaissons par le biais de leur comptabilité, et le droit permet d’aller plus loin dans la relation et de les accompagner au plan patrimonial, par exemple".

Partager les informations

Les juristes en cabinet apprécient le fait d’aborder un vaste panel de secteurs économiques, suivant l’activité de leurs clients, et de toucher à différentes sources de droit : droit des sociétés, droit notarial, droit fiscal, etc. De façon générale, les juristes ne prospectent pas de nouveaux clients mais travaillent sur le portefeuille des entreprises déjà suivies par l’expertise comptable. Cela permet d’augmenter la valeur ajoutée du cabinet auprès de ses clients et de les fidéliser. On l’a vu, le soutien de la direction du cabinet est indispensable au service juridique pour se développer, de même que l’organisation : "Il est important que l’information circule bien dans le cabinet, entre les différents services, souligne Cécile Rivoire, expert-comptable associée chez Audit gestion conseil à Dijon. Pour cela, il faut créer des réflexes de partage des informations, utiles pour détecter des missions complémentaires mais aussi indispensables pour bien servir le client qui ne doit pas être balloté d’un interlocuteur à l’autre". Ancrer le service juridique dans la routine du cabinet, cela passe aussi par des formations communes : "Nos juristes assistent aux mêmes formations techniques que tous les collaborateurs, par exemple en début d’année sur la loi de finances", ajoute Cécile Rivoire. Par ailleurs, les juristes peuvent eux-mêmes mener des formations internes auprès des collaborateurs comptable ou paye, par exemple lorsqu’une nouvelle réglementation mérite des explications.

L’inter-professionnalité, une opportunité

Le droit est une matière en constante évolution, c’est pourquoi les cabinets qui le pratiquent ne manquent pas de perspectives. "Nous envisageons d’étoffer le service pour aller plus loin dans le conseil juridique, en détectant mieux les besoins en amont et en proposant plus d’accompagnement", précise Cécile Rivoire. Création de SCI, de holding…sont autant de solutions pour lesquelles il faut suivre l’actualité du client au plus près. Tous les cabinets s’interrogent par ailleurs sur  l’opportunité d’inter-professionnalité née de la loi Macron, qui doit permettre, une fois le texte d’application publié, aux hommes du chiffre et à ceux du droit de s’allier et de travailler dans une même structure. Continuer avec un juriste ou s’associer à un avocat qui travaille dans le cabinet ? L’intérêt du client tranchera.

Olga Stancevic

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